Au Koweït, l'assurance islamique est assurée par des compagnies takaful dédiées, agréées par l'Insurance Regulatory Unit créée par la loi n° 125 de 2019, qui interdit à un même assureur de pratiquer à la fois le conventionnel et le takaful.
L'Insurance Regulatory Unit, autorité sectorielle
L'IRU, en arabe wahdat tanzim at-ta'min, a été instituée par la loi n° 125 de 2019, publiée au Journal officiel le 1er septembre 2019. Dotée de l'autonomie financière et administrative, elle est rattachée au ministère du Commerce et de l'Industrie.
La fin de la loi de 1961
La loi de 2019 a remplacé le texte de 1961 qui régissait jusque-là le secteur koweïtien. Ses règlements d'application, adoptés en 2021 et en vigueur depuis juin 2022 selon Oxford Business Group, s'appliquent indistinctement aux compagnies conventionnelles et takaful.
Pas de fenêtre islamique chez un assureur classique
Une compagnie koweïtienne exerce soit l'assurance conventionnelle, soit le takaful, mais jamais les deux. Ce choix simplifie le contrôle pour le client : un contrat takaful signé au Koweït provient nécessairement d'une société entièrement dédiée au modèle islamique, et non d'un département interne.
Des licences distinctes selon l'activité
La loi koweïtienne distingue les licences d'assurance, de réassurance, d'assurance takaful, de réassurance takaful, de succursale étrangère et de conglomérat. La réassurance islamique est traitée en détail sur la page le retakaful et ses mécanismes.
Des exigences de capital élevées
Le capital minimum, entièrement libéré, est fixé à 5 millions de dinars pour la vie, 5 millions pour la non-vie, 10 millions pour les deux et 15 millions pour la réassurance conventionnelle ou takaful, selon l'analyse de Baker Tilly Kuwait.
Les filiales takaful des groupes financiers
Plusieurs opérateurs sont adossés à des groupes financiers : KFH Takaful à Kuwait Finance House, KIB Takaful à Kuwait International Bank, sans oublier Boubyan Takaful. Gulf Takaful, créée en 2020, est quant à elle la filiale islamique du groupe GIG.
Deux sociétés cotées en Bourse
First Takaful, connue aussi sous le nom d'Al-Oula Takaful, et Wethaq Takaful sont les deux compagnies takaful cotées à la Bourse du Koweït. Leurs comptes publics permettent de suivre résultats et solidité, un point utile avant un engagement de longue durée.
Autres noms du marché koweïtien
Oxford Business Group cite également Islamic Takaful, Kuwait International Takaful, Al Khaleej Takaful et National Takaful. En 2023, le groupe KIC a acquis 81,8 % de Kuwait Islamic Takaful Insurance Company, signe d'une consolidation progressive du secteur.
Un régulateur qui sanctionne
En février 2021, l'IRU a autorisé Zamzam Takaful Insurance, jusque-là suspendue, à reprendre ses activités après correction des infractions relevées. Cet épisode montre l'intérêt de consulter l'état de la licence d'un opérateur au moment même de la souscription.
Seize compagnies takaful nationales en 2019
Une déclaration ministérielle du 15 mai 2019 recensait 39 assureurs, dont 28 nationaux : 16 compagnies takaful et 12 conventionnelles, plus 11 sociétés arabes ou étrangères. Le nombre de structures islamiques était donc élevé au regard de la taille du marché.
Un poids boursier encore modeste
Au premier semestre 2025, les deux takaful cotés réalisaient environ 5 millions de dinars sur 576 millions de revenus des assureurs cotés, soit 1 %. Leurs revenus progressaient pourtant de 9 %, contre un recul de 13 % pour le conventionnel.
Rentabilité et choix du modèle
Toujours selon Oxford Business Group, le bénéfice des deux sociétés takaful cotées a bondi de 240 % sur un an. Pour le client, l'essentiel reste la clarté du modèle de gestion par wakala et des règles de partage du surplus.
Choisir une compagnie takaful au Koweït
- Vérifier auprès de l'Insurance Regulatory Unit que la compagnie détient une licence d'assurance takaful en cours de validité.
- Confirmer que la société est entièrement takaful, puisque la loi koweïtienne interdit les activités mixtes au sein d'un même assureur.
- Demander le modèle appliqué, wakala, mudaraba ou mixte, et les décisions du comité charia de la compagnie koweïtienne.
- Comparer contributions, frais de gestion et clause de surplus chez deux ou trois opérateurs, par exemple une filiale bancaire et une société cotée.
- Lire les exclusions, franchises et délais de carence avant toute signature.
- En cas de sinistre, envoyer la déclaration écrite avec les pièces justificatives et suivre le dossier jusqu'au règlement.
Ce que recouvre la contribution takaful au Koweït
| Élément | Fonction | Facteurs de variation |
|---|---|---|
| Contribution (tabarru) | Finance le fonds de solidarité des participants | Risque couvert, montant assuré, historique de sinistres |
| Commission de wakala | Paie la gestion assurée par la compagnie | Taux propre à chaque opérateur koweïtien |
| Part de mudaraba | Rémunère la gestion des placements | Performance des actifs conformes à la charia |
| Surplus technique | Excédent éventuellement rendu aux participants | Résultat du fonds et règles écrites du contrat |
| Franchise | Reste à la charge de l'assuré | Niveau choisi à la souscription |
Documents à préparer au Koweït
- Carte civile koweïtienne ou passeport avec permis de séjour
- Justificatif de domicile au Koweït
- Certificat d'immatriculation du véhicule pour le takaful automobile
- Acte de propriété ou contrat de location pour un logement
- Questionnaire de santé pour le takaful familial
- Contrat de murabaha ou d'ijara en cas de financement islamique garanti
Pièges à éviter sur le marché koweïtien
- Penser qu'un assureur conventionnel koweïtien peut proposer une gamme islamique, alors que la loi n° 125 de 2019 réserve le takaful aux compagnies dédiées.
- Négliger le statut de la licence, alors que l'IRU peut suspendre un opérateur, comme ce fut le cas pour Zamzam Takaful Insurance.
- Choisir une offre uniquement parce qu'elle porte le nom d'une banque islamique, sans lire le contrat ni l'avis charia.
- Supposer que le surplus sera redistribué alors que la clause correspondante ne figure pas noir sur blanc dans la police koweïtienne.
- Se fier à d'anciennes listes d'assureurs, alors que le marché évolue par acquisitions, comme la prise de contrôle de KITIC par KIC en 2023.
Questions courantes sur le takaful koweïtien
Quel organisme contrôle le takaful au Koweït ?
L'Insurance Regulatory Unit, créée par la loi n° 125 de 2019 et rattachée au ministère du Commerce et de l'Industrie. Elle délivre des licences distinctes pour l'assurance takaful et la réassurance takaful, et ses règlements de 2021 s'appliquent aussi aux compagnies conventionnelles.
Les banques koweïtiennes vendent-elles du takaful ?
Plusieurs groupes financiers islamiques possèdent une filiale takaful, comme KFH Takaful pour Kuwait Finance House ou KIB Takaful pour Kuwait International Bank. Le contrat est alors émis par la filiale agréée, qui doit être entièrement dédiée au takaful selon la loi.
Combien de compagnies takaful sont cotées à la Bourse du Koweït ?
Deux : First Takaful, aussi appelée Al-Oula Takaful, et Wethaq Takaful. Au premier semestre 2025, elles représentaient environ 1 % des revenus des assureurs cotés, mais leur bénéfice a progressé de 240 % sur un an selon Oxford Business Group.
Quel capital doit détenir une compagnie takaful koweïtienne ?
La loi fixe un capital minimum entièrement libéré de 5 millions de dinars pour la vie ou la non-vie, 10 millions pour les deux activités et 15 millions pour la réassurance, qu'elle soit conventionnelle ou takaful.