Djibouti a un titre takaful dans sa loi, mais peu d’offres visibles

Djibouti a un titre takaful dans sa loi, mais peu d’offres visibles

Assurance islamique à Djibouti : loi n°161/AN/12 et son titre takaful, comité charia obligatoire, tutelle du ministère des Finances, GXA et AMERGA.

Djibouti dispose d’un vrai cadre takaful : le Titre 7 de la loi n°161/AN/12/6ème L du 9 juin 2012 impose la charia, un comité d’au moins trois experts et une réassurance conforme, mais aucun opérateur takaful dédié n’a été identifié.

La loi du 9 juin 2012 et son Titre 7

La loi n°161/AN/12/6ème L, qui réglemente les entreprises d’assurance, consacre son Titre 7, articles 71 à 91, à l’assurance takaful. Selon Oxford Business Group, ce dispositif a été renforcé en 2014 par des directives d’application.

Charia sur toutes les opérations

L’article 73 exige que toutes les activités takaful, placements compris, respectent la charia. L’article 79 précise que les fonds doivent être investis sous des formes compatibles, ce qui exclut les dépôts rémunérés par intérêt et les obligations classiques.

Un comité charia aux décisions contraignantes

L’article 82 rend obligatoire un comité d’au moins trois experts, dont les décisions s’imposent à l’entreprise. Pour comprendre son rôle et ses limites, lisez notre analyse du comité de supervision charia d’un assureur.

Un comité consultatif auprès du ministère

L’article 83 permet au ministère de consulter un comité consultatif charia, distinct de ceux des compagnies. Ce double niveau, interne et administratif, rappelle l’organisation de pays où une instance centrale harmonise les positions des savants.

Une réassurance elle aussi conforme

L’article 86 impose que la réassurance des opérateurs respecte les principes takaful. Un assureur djiboutien devra donc céder ses risques à des réassureurs islamiques, mécanisme expliqué dans notre page sur le retakaful et ses acteurs.

Tutelle du ministère de l’Économie et des Finances

Selon l’article 74, la tutelle du takaful revient au ministère de l’Économie et des Finances. La loi de 1999 avait déjà créé un Service de contrôle des assurances placé sous l’autorité du ministre, et le Conseil des ministres accorde les agréments.

Le rôle limité de la Banque centrale

La Banque Centrale de Djibouti publie le texte de 2012, mais elle n’est pas le régulateur des assurances. Elle n’intervient qu’à la marge, par exemple en désignant un représentant au conseil de surveillance en cas d’administration provisoire.

Un marché historiquement à deux assureurs

Oxford Business Group décrit un marché longtemps limité à GXA Assurances et Assurance AMERGA, toutes deux créées en 2001. Aucune source vérifiée ne leur attribue une fenêtre takaful ; interrogez-les directement sur l’existence d’un produit conforme.

Les chiffres de 2016

En 2016, les primes atteignaient environ 3,3 milliards de francs Djibouti, soit 18,6 millions de dollars et près de 1 % du PIB. GXA détenait 55,4 % du marché, AMERGA 44,6 %, et l’automobile pesait 62,6 % des primes.

Banques islamiques et couverture des financements

Saba Islamic Bank, Salaam African Bank, Dahabshil Bank International ou Shoura Bank sont agréées sous la loi n°116/AN/11. Leur offre takaful n’est pas vérifiée : demandez comment elles assurent un bien financé en murabaha ou ijara.

L’ICIEC pour les investisseurs et exportateurs

La loi n°71/AN/04/5ème L ratifie l’accord sur la Société Islamique d’Assurance des Investissements et de Crédit à l’Exportation, l’ICIEC du groupe de la Banque islamique de développement, utile pour les entreprises qui commercent avec le port de Djibouti.

Automobile et voisinage régional

L’automobile domine le marché ; comparez les garanties avec les critères d’une assurance auto conforme à la charia. Les familles réparties de part et d’autre de la frontière peuvent aussi consulter la situation de l’assurance islamique somalienne.

Obtenir une couverture takaful à Djibouti

  1. Interroger GXA Assurances, AMERGA ou tout nouvel agréé sur l’existence d’un produit takaful relevant du Titre 7 de la loi de 2012.
  2. Vérifier auprès de la direction des assurances du ministère de l’Économie et des Finances que l’entreprise est agréée pour le takaful.
  3. Demander la composition du comité charia d’au moins trois experts prévu par l’article 82 et son avis sur le contrat.
  4. Comparer contribution, frais de gestion et règle de partage de l’excédent, puis identifier le réassureur retakaful utilisé.
  5. Lire les exclusions et déclarer tout sinistre par écrit, avec constat, photos et factures, dans le délai prévu.

Structure du prix d’un contrat takaful djiboutien

ComposanteÀ quoi elle sertCe qui la fait évoluer
Contribution tabarruAlimente le fonds commun des participantsRisque couvert, valeur assurée, sinistralité
Frais de wakalaRémunèrent l’entreprise gestionnaireTaux fixé au contrat
Part de mudarabaPartage des revenus des placements conformesRendement des investissements autorisés par l’article 79
Coût du retakafulRéassurance imposée conforme par l’article 86Capacité des réassureurs islamiques
Excédent techniqueRedistribution possible aux participantsRésultat annuel et clauses écrites
FranchiseReste à charge de l’assuréFormule de garantie choisie

Pièces à fournir

Erreurs à éviter à Djibouti

Questions fréquentes sur le takaful à Djibouti

Djibouti a-t-il une loi sur l’assurance takaful ?

Oui. La loi n°161/AN/12/6ème L du 9 juin 2012 consacre son Titre 7, articles 71 à 91, au takaful. Elle impose la charia sur toutes les opérations, un comité charia et une réassurance conforme.

Qui supervise les assureurs djiboutiens ?

Le ministère de l’Économie et des Finances, par l’intermédiaire de sa direction des assurances. Le Conseil des ministres accorde ou retire les agréments sur avis de cette direction, tandis que la Banque centrale n’a qu’un rôle marginal.

Existe-t-il un opérateur takaful en activité ?

Aucun opérateur takaful dédié n’a été identifié avec certitude. Le marché reposait historiquement sur GXA Assurances et Assurance AMERGA, sans fenêtre islamique vérifiée. Interrogez directement les compagnies et le ministère avant de souscrire.

Quel est le rôle du comité charia prévu par la loi ?

L’article 82 exige au moins trois experts dont les décisions s’imposent à l’entreprise. Ils valident produits et placements. En complément, l’article 83 autorise le ministère à consulter un comité consultatif charia.

Sources et organismes vérifiés

Loi n°161/AN/12 du 9 juin 2012Texte réglementant les entreprises d’assurance à Djibouti, dont le Titre 7 consacré au takaful, au comité charia et à la réassurance.Recueil « Activités financières et assurances »Compilation des textes djiboutiens sur les assurances, les banques islamiques et la ratification de l’accord sur l’ICIEC.Oxford Business Group – assurance à DjiboutiAnalyse de 2018 du marché djiboutien : primes, parts de GXA et AMERGA, poids de l’automobile et cadre islamique.

Pages liées